Absent des circuits depuis 3 ans, Florent Altemaire nous explique pourquoi il a tiré un trait sur la compétition, sans amertume ni regret:
Florent, est-ce que tu peux nous retracer ta biographie MX?
Tout d’abord bonjour et merci de me consacrer ces quelques lignes.
J’ai commencé la moto à 6 ans et demi avec un 50cc. Je suis ensuite passé en 60cc puis en 80cc les années suivantes. Je me souviens qu’à l’époque il n’était pas question de parler de compétition. Je faisais tout de même la ligue et j’ai participé à quelques épreuves du miniverts, 60cc et 80cc. Je me souviens que j’enviais les pilotes qui étaient aux avant postes. Je commençais déjà à m’entraîner assez fréquemment, pas dans l’optique de résultat, mais tout simplement parce que j’aimais rouler et mon père m’emmener.
J’ai finalement commencé à côtoyer les podiums en ligue. À partir de là tout s’est enchaîné. Je me suis pris au jeu de même que mon père et ma mère. Néanmoins, il y avait une petite condition : les études. Si je voulais continuer, il fallait avoir des notes correctes. Je faisais donc le minimum pour passer (car ce qui occupait la plupart du temps mon esprit était la moto).
Pour ma dernière année en 80cc, j’ai fini 7ième ou 8ième du championnat de France cadet et participé à 2 épreuves de l’Europe. J’ai ensuite fais 3 années de 125cc. J’ai terminé 11ième du junior la première année, avec une belle dernière course (2ième de la journée à Baugé). 8ième du junior la deuxième année, en marquant quelques points à l’élite. Je ne connais pas mon classement de ma dernière année de junior, je sais que j’étais 4ième avant de me blesser.
Tu as quitté le petit monde du MX il y a 3 ou 4 ans, qu'as-tu fait depuis?
J’ai arrêté la compétition pour me consacrer entièrement à mes études. Lors de ma dernière année en junior, je me suis blessé en mai. Cette année-là, j’étais en première ES. J’ai donc passé mon bac de français. Pour mon année de terminal, j’ai dû bosser 2 fois plus que les autres étant donné le retard important que j’avais accumulé. J’ai finalement eu mon bac.
Je suis ensuite entré à l’IUT de Bourges en Gestion des Entreprises et des Administrations. J’ai continué de bosser un peu plus que la moyenne pour terminer ma première année avec 12,43 de moyenne. Cette année (la deuxième), le premier semestre s’est clôturé avec un 12,58 de moyenne.
L’année prochaine, j’envisage d’intégrer l’IUP management de Clermont-Ferrand pour obtenir un master en management.
Quelles sont les raisons de ton retrait de la compétition?
La principale raison fut le problème d’allier études et compétition. À mon sens, il était temps de faire un choix entre une carrière de crossman, et une carrière professionnelle suite à des études longues.
En effet, je savais qu’en première je pourrais passer en terminal. Mais en terminal, je savais que je n’avais pas le niveau et qu’il faudrait que je recommence une année. J’ai ensuite estimé que si je devais continuer dans la moto, je devrais m’y consacrer entièrement.
On m’a proposé de refaire une année de terminal en plus, mais ce n’est pas dans ma mentalité. En effet, si j’avais dû redoubler, cela aurait voulu dire que j’aurais été en situation d’échec scolaire pendant un an. Et je n’arrivais pas à accepter cela (ça n’a pas changé). Je n’aurais de toute façon pas été psychologiquement tranquille. De plus, il aurait fallu que je continu à ramer entre études et compétition, en ayant donc des problèmes scolaires et en ayant toujours un handicap par rapport aux autres pilotes, notamment ceux qui avaient arrêté ou qui étaient dans des filières demandant moins de travail personnel.
J’ai donc fait un choix
Tu venais d'intégrer le pôle espoir de Bourges, c'était une belle opportunité non?
C’était en effet une belle opportunité. Le fait de pouvoir s’entraîner une fois de plus par semaine (le mardi) était très intéressant. De plus le fait de s’entraîner à plusieurs aide. Cela permet de mieux progresser tout en rendant l’entraînement plus sympa. Il était également intéressant de jouir des sponsors relatifs au pôle.
J’ai passé des moments sympas au pôle espoir de Bourges.
Tout le monde se souvient de tes duels acharnés avec Loïc Léonce; quand tu vois qu'il est engagé cette année en MX2, tu n'as pas certains regrets?
Je ne regrette rien des décisions que j’ai pu prendre. Je n’essaie pas de me demander ce que j’aurais fait si je n’avais pas arrêté, car il aurait pu m’arriver des millions de choses différentes, bonnes ou pas. Je sais simplement que la situation dans laquelle je me trouve aujourd’hui me convient très bien.
Qu'est-ce que tu retiens de toutes ces années de compétition, quel est ton meilleur souvenir?
Je suis extrêmement heureux d’avoir fait de la compétition car je pense que c’est l’une des meilleures écoles de la vie. Elle apprend à se battre pour avoir ce que l’on veut et à ne pas baisser les bras.
Je crois que les meilleurs souvenirs que j’ai (car il m’ait difficile de les classer par ordre de préférence) sont ceux passé à l’entraînement, notamment avec Rémi Angéli et Laurent Besnard. C’est tellement bon de se surpasser.
S'il y avait quelque chose à changer de ces années MX, ce serait quoi?
Rouler en SX. Je n’ai fait que quelques tours et ça m’a plus. Je pense que ça aurait pu m’aider à affiner mon pilotage.
Que t'a-t-il manqué pour percer au niveau national?
Question difficile, car avec des « si » on referait le monde. Néanmoins, peut être que si j’avais plaqué les études pour ne me consacrer qu’à la moto…
Tu as côtoyé beaucoup de monde, pilotes, sponsors/partenaires, entraîneurs,quels sont ceux dont tu gardes un bon souvenir?
Tout le monde m’a apporté un petit quelque chose. En ce qui concerne les entraîneurs, je remercierais Laurent Besnard, qui est plus pour moi qu’un simple entraîneur et qui m’a appris bien plus qu’à faire de la moto. De même que Donald Adams, Xavier Fabre, les frères Broual, avec qui j’ai passé d’agréables moments.
En ce qui concerne les sponsors, je garde un très bon souvenir de Goby Racing et Ricci Racing, qui sont vraiment super, que ce soit sur le plan travail ou sur le plan humain.
Je garde un très bon souvenir de Sébastien Perez, avec qui j’aimais rouler et avec qui je m’entendais bien.
Tu as récemment répondu à un commentaire dans l'interview de BXT, concernant la part de l'entraîneur dans les résultats d'un pilote, peux-tu nous donner ton point de vue à ce sujet?
Je pense qu’un pilote doit être passé dans les mains de plusieurs entraîneurs. Non seulement ça lui permet de voir des choses différentes, expliqués différemment, mais également de développer son esprit critique. Car en multipliant les expériences, bonnes et mauvaises, un pilote devient plus apte à comprendre ce qui est bien ou pas pour lui.
Ensuite, entre le cadre familial, la mentalité du pilote, son matériel... Il faut modérer la part de l’entraîneur dans les résultats. Le meilleur pilote n’est pas forcément celui qui a le meilleur entraîneur. D’ailleurs qu’est-ce qu’un bon entraîneur ? Bon pour quelqu’un veut-il dire bon pour un autre ?
Est-ce que tu as gardé un pied dans le milieu MX, est-ce que tu suis les résultats de la Ligue?
Je n’ai aucune idée des résultats de la ligue, le seul contact que j’ai gardé c’est bxt, AB moteur, une moto, quelques terrains et du plaisir.
Tu as un peu plus de 20 ans, est-ce qu'on peut espérer te revoir derrière une grille de départ?
J’ai eu mes 20 ans le 10 mars.
Pour cela il faudrait que je me retape des manches de 45 minutes, 2 ou 3 tours chronos, et un entraînement un minimum régulier. Je n’ai ni le temps, avec les cours de plus en plus prenant, ni l’envi. Si jamais je me remettais derrière une grille, ce serait pour être devant.
Ton vieil adversaire Loïc se lance en MX2, tu as un message d'encouragement pour lui?
Oui bien sûr. GAZZZZZ !!!!!!!!!!!!!!!
Bonne anniversaire Florent, et réussite dans tes études !
Merci à toi Chris, ce que tu fais est vraiment bien pour notre sport.
Florent, est-ce que tu peux nous retracer ta biographie MX?
Tout d’abord bonjour et merci de me consacrer ces quelques lignes.
J’ai commencé la moto à 6 ans et demi avec un 50cc. Je suis ensuite passé en 60cc puis en 80cc les années suivantes. Je me souviens qu’à l’époque il n’était pas question de parler de compétition. Je faisais tout de même la ligue et j’ai participé à quelques épreuves du miniverts, 60cc et 80cc. Je me souviens que j’enviais les pilotes qui étaient aux avant postes. Je commençais déjà à m’entraîner assez fréquemment, pas dans l’optique de résultat, mais tout simplement parce que j’aimais rouler et mon père m’emmener.
J’ai finalement commencé à côtoyer les podiums en ligue. À partir de là tout s’est enchaîné. Je me suis pris au jeu de même que mon père et ma mère. Néanmoins, il y avait une petite condition : les études. Si je voulais continuer, il fallait avoir des notes correctes. Je faisais donc le minimum pour passer (car ce qui occupait la plupart du temps mon esprit était la moto).
Pour ma dernière année en 80cc, j’ai fini 7ième ou 8ième du championnat de France cadet et participé à 2 épreuves de l’Europe. J’ai ensuite fais 3 années de 125cc. J’ai terminé 11ième du junior la première année, avec une belle dernière course (2ième de la journée à Baugé). 8ième du junior la deuxième année, en marquant quelques points à l’élite. Je ne connais pas mon classement de ma dernière année de junior, je sais que j’étais 4ième avant de me blesser.
Tu as quitté le petit monde du MX il y a 3 ou 4 ans, qu'as-tu fait depuis?
J’ai arrêté la compétition pour me consacrer entièrement à mes études. Lors de ma dernière année en junior, je me suis blessé en mai. Cette année-là, j’étais en première ES. J’ai donc passé mon bac de français. Pour mon année de terminal, j’ai dû bosser 2 fois plus que les autres étant donné le retard important que j’avais accumulé. J’ai finalement eu mon bac.
Je suis ensuite entré à l’IUT de Bourges en Gestion des Entreprises et des Administrations. J’ai continué de bosser un peu plus que la moyenne pour terminer ma première année avec 12,43 de moyenne. Cette année (la deuxième), le premier semestre s’est clôturé avec un 12,58 de moyenne.L’année prochaine, j’envisage d’intégrer l’IUP management de Clermont-Ferrand pour obtenir un master en management.
Quelles sont les raisons de ton retrait de la compétition?
La principale raison fut le problème d’allier études et compétition. À mon sens, il était temps de faire un choix entre une carrière de crossman, et une carrière professionnelle suite à des études longues.
En effet, je savais qu’en première je pourrais passer en terminal. Mais en terminal, je savais que je n’avais pas le niveau et qu’il faudrait que je recommence une année. J’ai ensuite estimé que si je devais continuer dans la moto, je devrais m’y consacrer entièrement.
On m’a proposé de refaire une année de terminal en plus, mais ce n’est pas dans ma mentalité. En effet, si j’avais dû redoubler, cela aurait voulu dire que j’aurais été en situation d’échec scolaire pendant un an. Et je n’arrivais pas à accepter cela (ça n’a pas changé). Je n’aurais de toute façon pas été psychologiquement tranquille. De plus, il aurait fallu que je continu à ramer entre études et compétition, en ayant donc des problèmes scolaires et en ayant toujours un handicap par rapport aux autres pilotes, notamment ceux qui avaient arrêté ou qui étaient dans des filières demandant moins de travail personnel.
J’ai donc fait un choix
Tu venais d'intégrer le pôle espoir de Bourges, c'était une belle opportunité non?
C’était en effet une belle opportunité. Le fait de pouvoir s’entraîner une fois de plus par semaine (le mardi) était très intéressant. De plus le fait de s’entraîner à plusieurs aide. Cela permet de mieux progresser tout en rendant l’entraînement plus sympa. Il était également intéressant de jouir des sponsors relatifs au pôle.
J’ai passé des moments sympas au pôle espoir de Bourges.
Tout le monde se souvient de tes duels acharnés avec Loïc Léonce; quand tu vois qu'il est engagé cette année en MX2, tu n'as pas certains regrets?
Je ne regrette rien des décisions que j’ai pu prendre. Je n’essaie pas de me demander ce que j’aurais fait si je n’avais pas arrêté, car il aurait pu m’arriver des millions de choses différentes, bonnes ou pas. Je sais simplement que la situation dans laquelle je me trouve aujourd’hui me convient très bien.
Qu'est-ce que tu retiens de toutes ces années de compétition, quel est ton meilleur souvenir?
Je suis extrêmement heureux d’avoir fait de la compétition car je pense que c’est l’une des meilleures écoles de la vie. Elle apprend à se battre pour avoir ce que l’on veut et à ne pas baisser les bras.
Je crois que les meilleurs souvenirs que j’ai (car il m’ait difficile de les classer par ordre de préférence) sont ceux passé à l’entraînement, notamment avec Rémi Angéli et Laurent Besnard. C’est tellement bon de se surpasser.
S'il y avait quelque chose à changer de ces années MX, ce serait quoi?
Rouler en SX. Je n’ai fait que quelques tours et ça m’a plus. Je pense que ça aurait pu m’aider à affiner mon pilotage.
Que t'a-t-il manqué pour percer au niveau national?

Question difficile, car avec des « si » on referait le monde. Néanmoins, peut être que si j’avais plaqué les études pour ne me consacrer qu’à la moto…
Tu as côtoyé beaucoup de monde, pilotes, sponsors/partenaires, entraîneurs,quels sont ceux dont tu gardes un bon souvenir?
Tout le monde m’a apporté un petit quelque chose. En ce qui concerne les entraîneurs, je remercierais Laurent Besnard, qui est plus pour moi qu’un simple entraîneur et qui m’a appris bien plus qu’à faire de la moto. De même que Donald Adams, Xavier Fabre, les frères Broual, avec qui j’ai passé d’agréables moments.
En ce qui concerne les sponsors, je garde un très bon souvenir de Goby Racing et Ricci Racing, qui sont vraiment super, que ce soit sur le plan travail ou sur le plan humain.
Je garde un très bon souvenir de Sébastien Perez, avec qui j’aimais rouler et avec qui je m’entendais bien.
Tu as récemment répondu à un commentaire dans l'interview de BXT, concernant la part de l'entraîneur dans les résultats d'un pilote, peux-tu nous donner ton point de vue à ce sujet?
Je pense qu’un pilote doit être passé dans les mains de plusieurs entraîneurs. Non seulement ça lui permet de voir des choses différentes, expliqués différemment, mais également de développer son esprit critique. Car en multipliant les expériences, bonnes et mauvaises, un pilote devient plus apte à comprendre ce qui est bien ou pas pour lui.
Ensuite, entre le cadre familial, la mentalité du pilote, son matériel... Il faut modérer la part de l’entraîneur dans les résultats. Le meilleur pilote n’est pas forcément celui qui a le meilleur entraîneur. D’ailleurs qu’est-ce qu’un bon entraîneur ? Bon pour quelqu’un veut-il dire bon pour un autre ?
Est-ce que tu as gardé un pied dans le milieu MX, est-ce que tu suis les résultats de la Ligue?
Je n’ai aucune idée des résultats de la ligue, le seul contact que j’ai gardé c’est bxt, AB moteur, une moto, quelques terrains et du plaisir.
Tu as un peu plus de 20 ans, est-ce qu'on peut espérer te revoir derrière une grille de départ?
J’ai eu mes 20 ans le 10 mars.
Pour cela il faudrait que je me retape des manches de 45 minutes, 2 ou 3 tours chronos, et un entraînement un minimum régulier. Je n’ai ni le temps, avec les cours de plus en plus prenant, ni l’envi. Si jamais je me remettais derrière une grille, ce serait pour être devant.
Ton vieil adversaire Loïc se lance en MX2, tu as un message d'encouragement pour lui?
Oui bien sûr. GAZZZZZ !!!!!!!!!!!!!!!
Bonne anniversaire Florent, et réussite dans tes études !
Merci à toi Chris, ce que tu fais est vraiment bien pour notre sport.
publié par Chris Vertigo dans: MOT POUR MOT

