Depuis quelques saisons maintenant, l’endurance TT a son championnat dans la ligue du Centre. En 2006, 8 épreuves étaient au calendrier dont 6 disputées hors des frontières de la ligue. Pas forcément un avantage pour fidéliser les pilotes. Quoi qu’il en soit, c’est le duo le plus assidu, formé par Thomas Dubois du Moto Club du Berry et Frédéric Millet du Vierzon Off Road, qui remporte l’édition 2006 en étant invaincu sur l’ensemble du championnat hormis Drevant. Thomas Dubois nous dit pourquoi cette discipline, souvent sous-estimée, est si passionnante :
Champions de ligue 2006, l'un comme l'autre, c'est votre premier titre de champion de ligue?
J’ai pour ma part été deux fois vice champion de ligue MX (125 en 2002 et Open en 2003, si mes souvenirs sont bons), ainsi que plusieurs fois champion Interligue avec l’équipe du Centre. J’ai également participé à la coupe des régions de France – entre autres – en 1999 où notre équipe avait terminé troisième (7 et 4 pour moi). J’ai marqué quelques points en championnat de France National et ai participé à quelques épreuves du SX Tour.
Fred a plusieurs titres dans la Ligue, datant de l’époque du Critérium de ligue et d’autres championnats qui n’existent plus à présent. Il a été également champion de ligue d’endurance il y a quelques années, associé à Alexandre Précop.
Depuis combien de temps êtes-vous passés à l'endurance? et combien d'année de MX avant cela?
C’était ma première participation à ce championnat ; je n’avais jamais effectué d’épreuve d’endurance auparavant. Quand au MX, à part une coupure de trois ans entre 1999 et 2002 pour des raisons de santé (j’ai dû subir une opération assez grave), je roule dans la ligue depuis 1993.
Fred a quelques années de plus que moi, donc il a commencé dans la ligue un peu plus tôt. Il a participé ponctuellement au championnat d’endurance, avec plusieurs équipiers (notamment un certain Donald Adams!).
Pour quelles raisons êtes-vous passés à cette discipline?
Après deux ans sans compétition et 2 motos volées de mon côté, nous avons décidé de participer à ce championnat pour changer un peu de format par rapport au MX. Je n’étais plus près à m’investir autant dans l’entraînement. Mes études me prennent encore beaucoup de temps (je suis actuellement un DESS à Tours) et mon père et moi n’étions plus prêts au même niveau d’investissement financier.
Fred et moi nous connaissons depuis longtemps et c’est lui qui m’a convaincu d’y participer avec lui. C’est surtout l’envie d’une plus grande convivialité qui a motivé notre participation. Même si je continue à m’entraîner à minima, je percevais ce type d’effort comme nécessitant une vitesse de pointe un peu moins élevée, ce qui me permettait de rouler sur mon vécu et privilégiant la gestion de l’effort dans la durée. Le fait d’évoluer sur un circuit de plusieurs kilomètres de long (près de 15’ au tour sur le circuit de la coupe de France) et de le découvrir tout au long de la course, constituait pour moi une sorte de renouveau de la pratique moto, à mi-chemin avec l’enduro mais toujours en circuit fermé.
Est-ce plus motivant de rouler en équipe de 2 plutôt qu'en solo?
Je n’ai pas essayé le solo en endurance (sur trois heures), mais je pense le faire un jour. Il est vrai que le côté passage de relais a un certain charme. Chacun cherche à donner le maximum non seulement pour le classement, mais aussi en fonction de son coéquipier : si on le sent plus fort physiquement à un moment de la course, ou si au contraire on pense être plus rapide et capable de maintenir suffisamment ce niveau de vitesse… Il y a un aspect stratégique dans la course à deux qui ajoute une dimension très intéressante à l’effort physique. Et comme nous nous entendons très bien, ça ajoute un aspect cordial à la compétition.
Combien d'équipages participent au championnat de ligue?
C’est l’aspect décevant du championnat de cette année. Nous avons été le seul équipage à participer à l’ensemble des courses, dont beaucoup se déroulaient hors de la ligue. Même si nous avons retrouvé plusieurs fois certains pilotes, le fait de mélanger notre championnat avec celui d’une autre ligue ne nous a pas facilité la tâche pour évaluer qui étaient nos concurrents les plus sérieux. A ce titre, Loïc Cartier (MCB) a participé à quelques épreuves avec Bruno Da Costa (VOR). Nous avons été les plus rapide à la première épreuve et ils nous ont ensuite devancé à l’épreuve de Drevant. Ils font 4ème au championnat.
Physiquement, est-ce plus éprouvant qu'une épreuve de ligue de MX?
La première épreuve a pour moi été très éprouvante. Complètement à cours d’entraînement physique et avec très peu de roulage (ma moto avait été volée quelques mois auparavant) j’étais complètement lessivé à l’issu de mes relais. Je me suis beaucoup donné en fin de course pour revenir au classement scratch, sur un circuit assez détérioré. J’ai pris une belle leçon ce jour-là ! Sinon, le type d’effort est différent du MX. C’est un peu comme si les entraînements et les manches n’étaient séparés que par un temps de récupération à chaque fois égal au temps de course, en supposant bien sûr que chaque manche durerait entre 45 min et 1h15 ! Même si le temps de roulage effectif par pilote n’est pas énorme (entre 2 et 3h selon les épreuves) ce type d’effort, certes un peu moins intense, « vide » beaucoup plus. Nous avions la chance d’être aidé par mon père pour la mécanique et le panneautage, mais certains pilotes doivent tout faire seuls !
Les circuits comportent-ils une portion MX?
Cela dépend des épreuves : c’était le cas notamment à Toucy (Bourgogne) où le circuit MX était intégré à la boucle. Mais la plupart des courses s’apparentent à du cross country (même si je connais mal cette discipline). En tant que pilote MX, il m’arrivait tout de même de chercher des sauts ou de petits enchaînements afin de gagner du temps par rapport aux pilotes plus « terre-à-terre » !
Quelle durée fait un relais et est-ce que toutes les épreuves de ligue font 6H?
C’est un des points cruciaux de ce sport. Il faut bien évaluer l’état de forme de chacun, sa vitesse max au tour, celle qu’il est capable de maintenir. Il faut choisir le nombre de relais en fonction des temps au tour, de la difficulté du circuit, de la durée de l’épreuve et aussi de la consommation des motos. Plusieurs stratégies sont alors envisageables a priori. Elles peuvent ensuite être remises en cause au cours de l’épreuve (baisse de forme, chute, problème mécanique…). Si le circuit offre des zones de repos (de grandes lignes droites à fond de cinq par exemple !) les relais peuvent être plus longs. Il faut aussi intégrer le fait qu’un des deux pilotes puisse être plus rapide que l’autre. Qui doit prendre le départ ? Est-ce celui qui prendra le dernier relais ? Tous ces paramètres font qu’un relais dure généralement de 40 à 50 min, mais comme nous l’avons vu, c’est assez variable. D’autant plus que certaines épreuves durent 6h quand d’autres ne durent que 4h. Et le niveau de difficulté ressenti est bizarrement peu corrélé avec la durée de l’épreuve : certaines courses plus courtes paraissent plus dures que d’autres plus longues. Rien n’est figé en la matière.
Si tu voulais inciter un pilote à venir te rejoindre en endurance TT, tu lui dirais quoi?
La découverte d’une nouvelle discipline un peu hybride et d’un autre type d’effort sont à mettre en avant. Ensuite, partager des moments forts avec son coéquipier (motivation, dépassement, entraide). L’aspect ludique : les circuits sont vastes, les traces évoluent énormément, on a donc le temps d’essayer de nombreuses options de trajectoires. La réflexion : quels choix stratégiques adopter ? Prendre du recul sur son activité est enrichissant. Et enfin la durée : se dire qu’il reste trois heures de course quand on vient d’en faire autant représente un certain challenge psychologique !
5ième en coupe de France (sur 200 partants), vous vous attendiez à un tel résultat?
Pas vraiment. Nous ne savions pas combien d’équipages étaient effectivement engagés à la Coupe, car cette épreuve intégrait également – entre autres – une épreuve du championnat local. Suite aux essais du matin, je pensais pour ma part faire partie des pilotes les plus rapides, mais mon niveau de préparation physique étant limité, je souhaitais ne pas me fixer d’autre objectif que de maintenir une vitesse constante tout au long de la journée. Une grosse pierre aurait d’ailleurs pu tout arrêter dès les essais, mais il faut croire que l’index de la main gauche n’est pas si utile que ça ! J’ai aussi connu une défaillance physique en fin d’épreuve après de gros relais, ce qui nous a fait perdre un peu de temps. Pour une première expérience avec peu de préparation, c’est encourageant.
Pour 2007, vous remettez votre titre en jeu?
Il y a peu de chances que nous défendions notre titre cette année. J’ai de mon côté des obligations professionnelles qui risquent de me tenir assez éloigné de la région centre et des terrains, c’est pourquoi je ne pense pas prendre beaucoup de départs cette année. Fred aura la possibilité de s’adjoindre les services d’un autre partenaire, mais là encore rien n’est planifié. Après de nombreuses années de compétition, nous avons tous les deux choisis de privilégier le plaisir, c’est pourquoi il est très vraisemblable que nous ne participions qu’à des épreuves ponctuelles, que ce soit en endurance ou en MX. Je suis cependant toujours motivé dès que je prends un départ et si les événements le permettent, ce sera pour être devant ! Nous aimerions toute fois participer à l’épreuve de Drevant, pour laquelle il ne nous a manqué qu’un peu de chance en 2006.
Merci Thomas.
Merci à toi ! Je profite de l’occasion pour remercier Moto-Expert Bourges et Racing 2000 Bourges pour leur aide, ainsi que le Moto-Club du Berry pour ma part et le Vierzon Off-Road pour Fred.Je voudrais aussi remercier mon père, Jean-Luc Dubois, sans qui ces bons moments n’auraient pu avoir lieu. Nous voulons aussi souhaiter un prompt rétablissement à Seb Trottier.
A très bientôt sur les circuits !
Commentaire
et thomas , j'espère te revoir rapidement chez BXT !!!
Bonne continuation et félicitations à vous les gars!!

